Le ventre de Lyon

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Le ventre de Lyon

Message par Admin le Dim 3 Mai - 21:51

Nouvel exercice de style.
Un roman au présent et surtout une bonne partie à la première personne.
Une confrontation entre un flic et un tueur... Psychologie et terreur.
Je posterai d'ici quelques jours les premières pages, histoire de connaître vos ressentiments.


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Re: Le ventre de Lyon

Message par Catoche le Lun 4 Mai - 9:46

J'ai hâte !!!!!!!!!! Very Happy
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Mer 6 Mai - 11:37

voilà c'est fait. Pour des raisons de taille, je l'ai mis le blog et non sur le forum.
J'attends vos commentaires.
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Re: Le ventre de Lyon

Message par sylio le Jeu 7 Mai - 14:57

ouah !!!!! scotchée !! j'adoore !! Trop envie de lire la suite !
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Mag le Ven 8 Mai - 18:25

Exercice réussi, on a vraiment envie de connaitre la suite, grande frustration ! lol!

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Re: Le ventre de Lyon

Message par Catoche le Ven 8 Mai - 18:55

Oh ! Que j'ai adoré ! J'espère qu'un jour on aura tous l'occasion de lire la suite. Merci Gilles. Very Happy
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Ven 8 Mai - 22:02

bon alors je vais continuer dans cette voie.
Merci à toutes.
Bonne soirée.
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Fabien le Mer 23 Sep - 11:03

Au fait Gilles, t'en es où dans l'écriture du "Ventre de Lyon" ?
Tu avances ou c'est un peu Statu Quo en ce moment ?
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Mer 23 Sep - 11:15

Ca avance doucettement.
Grosse période où je n'ai rien fait. Depuis la rentrée j'ai écrit une dizaine de pages.
Je réflechis toujours sur l'articulation du roman. Pas évident car j'ai déjà écrit 260 pages.
J'imagine également insérer un nouveau personnage. Tu vois le bins!
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Fabien le Mer 23 Sep - 11:35

Je vois très bien.
J'en suis pas au même nombre de pages, et je m'interroge sur la suite de mon histoire.
je sais où je veux aller, mais le problème, c'est qu'à être un peu trop "direct", l'histoire reste toujours dans une phase active, nerveuse, mais du coup, cela ne fait pas beaucoup de pages.
Il faut que je trouve le juste milieu. Epaissir un peu plus mes personnages, sans que cela devienne ennuyeux. Mettre un peu plus de descriptions en évitant que cela soit lourd.

Pas évident. Surtout que je suis super exigent avec moi-même. Sans aller jusqu'à avancer à reculons, disons que j'avance à pas de tortue Very Happy
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Re: Le ventre de Lyon

Message par sylio le Mer 23 Sep - 13:09

Et bien alors Messieurs, au boulot !!!! Very Happy

Fabien : Quand tu dis pas beaucoup de pages, c'est combien, car un roman peut être aussi très bon sans non plus comporter 600 pages (je pense notamment au roman "Mygale" de T. Jonquet
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Fabien le Mer 23 Sep - 14:02

sylio a écrit:Et bien alors Messieurs, au boulot !!!! Very Happy

Fabien : Quand tu dis pas beaucoup de pages, c'est combien, car un roman peut être aussi très bon sans non plus comporter 600 pages (je pense notamment au roman "Mygale" de T. Jonquet

Ben pour l'instant, disons que je suis à une quarantaine de pages. En restant dans la continuité dans ma façon de rédiger, au terme final, je devrais arriver à environ 120 ou 150 pages.
Mon objectif, serait d'arriver à environ 350 pages. Ce qui me parait raisonnable.
Mais bon, il va me falloir revoir pas mal de choses pour en arriver là. Neutral
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Catoche le Mer 23 Sep - 22:25

Ça peut te faire une longue nouvelle, c'est sympa aussi ! Et le prochain tu arriveras peut-être plus facilement à faire plus long.
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Jeu 24 Sep - 10:13

Il ne faut pas te stresser sur le nombre de pages.
Au début, on se dit qu'on n'y arrivera jamais...
Le tout est de se redonner des idées en cours de route et de les développer (par exemple un nouveau pan de l'enquête ou bien une histoire en parallèle qui va mener sa vie jusqu'à venir influer l'enquête principale).
Pour moi, ca a toujours été comme ça! ;-)
Courage fabien.
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Re: Le ventre de Lyon

Message par scarabe le Jeu 24 Sep - 10:19

A titre d'information, l'ange du mal (que je viens de lire, par ailleurs impression par mail, gilles) comporte combien de pages ordinateur ?

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Re: Le ventre de Lyon

Message par Fabien le Jeu 24 Sep - 10:34

Admin a écrit:Il ne faut pas te stresser sur le nombre de pages.
Au début, on se dit qu'on n'y arrivera jamais...
Le tout est de se redonner des idées en cours de route et de les développer (par exemple un nouveau pan de l'enquête ou bien une histoire en parallèle qui va mener sa vie jusqu'à venir influer l'enquête principale).
Pour moi, ca a toujours été comme ça! ;-)
Courage fabien.

Ca va, je ne stresse pas. Il faut que l'écriture reste un plaisir, sinon, cela n'a aucun intérêt.
Disons que je suis dans une phase transitoire où je me cherche un peu pour savoir comment rebondir au mieux.
Je suis en pleine séance de "torture" que le meurtrier exécute, et je reviens régulièrement sur ce que j'ai écris, soit parce que j'estime que la souffrance du "supplicié" n'est pas suffisamment retranscrite, soit la jubilation du bourreau, ou alors parce que je trouve que je vais trop "droit au but" et que je ne travaille pas suffisamment les effets.
Enfin, peut-être qu'une fois cette scène terminée, la suite sera plus facile. Du moins je l'espère Razz


Dernière édition par fabienherisson le Jeu 24 Sep - 11:32, édité 1 fois
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Jeu 24 Sep - 10:36

Valery,
En fait, j'utilise un modèle de doc, ce n'est donc pas de l'A4.
Au départ, l'ange du mal en police 12 et texte aéré faisait un peu plus de 500 pages soit environ 250 à 300 pages A4.
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Re: Le ventre de Lyon

Message par scarabe le Jeu 24 Sep - 10:38

Tu sais parfois, ne faire que suggérer la violence peut être beaucoup plus marquant que la décrire (pour le lecteur, du moins).

scarabe

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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Jeu 24 Sep - 10:39

Ah les tortures...
Pas d'autres choix que de te faire la main sur madame hérisson. Après ça coulera tout seul !!!
;-)

Non, je déconne !
Lis du Caillot, ça va t'inspirer Wink))
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Admin le Jeu 24 Sep - 10:42

Scarabé a raison. On peut suggérer la violence. Après c'est selon ses goûts. C'est vrai que je me suis lâché dans l'ange... En terme de visualité, c'était du concret. Réminiscence et Ligne sont bcp plus nuancés mais tu vois bizarrement, j'ai eu besoin dans Immodanités de réecrire quelques petites scènes choc! On ne se refait pas ;-)
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Re: Le ventre de Lyon

Message par Fabien le Jeu 24 Sep - 11:03

Je crois qu'un exemple vaut mieux qu'un long discours. Voici la scène en question. Non finalisée bien sûr !

Cela faisait bientôt deux heures qu’il était sur la route. Dans quelques minutes, il aurait un passager pour lui tenir compagnie dans la camionnette. La nuit allait être chargée, et il avait encore pas mal de kilomètres à parcourir avant que tout soit terminé.
Il emprunta le rond-point de l’obélisque, longeant la cité historique de Fontainebleau et poursuivit sur la départementale 607.
Il avait pris soin de contourner les grands axes afin d’éviter des contrôles routiers.
En son for intérieur, il se félicitait des quelques modifications qu’il avait apportées à ce véhicule. En actionnant un interrupteur dissimulé sous le siège conducteur, il éteignit les feux d’éclairage des plaques.
Pour être sûr qu’on ne puisse l’identifier et que les numéros ne puissent être lus, il fignola le détail jusqu’à les enduire grossièrement de boue.
A la prochaine bifurcation, il prit à droite la route de Recloses qui entrecoupait la forêt domaniale, et roula au pas jusqu’à apercevoir dans la lueur des phares celui qui était l’objet de sa chevauchée nocturne.
Il enclencha le bouton de la vitre électrique du passager et entama une brève discussion avec l’homme qui grelottait sur le bas-côté.
Tout heureux de dégoter un client, et surtout de pouvoir se réchauffer, ce dernier ouvrit la portière et se précipita dans l’habitacle.
Il avait sitôt pris place que le véhicule redémarra. Il n’avait pu apercevoir le visage du conducteur, l’ampoule du plafonnier ne s’étant pas allumée lors de son entrée. De plus, les arbres qui retenaient dans leurs tentacules ligneux les maigres rayons de lune, empêchaient la clarté d’infiltrer la fourgonnette.
- Alors mon chou, qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
Le chauffeur ne répondit pas à sa demande. Une sensation de malaise commençait à l’envahir. Il avait un mauvais pressentiment. Des clients bizarres, il en avait eu quelques uns, mais en général, un parfum d’excitation était perceptible. Il pouvait la percevoir à leur respiration accélérée, à leurs mains qui s’agitaient sur le volant, à leur odeur où se mêlaient la sueur et des relents de déodorants bons marchés. Ces bons pères de famille, pédés honteux et refoulés qui venaient se taper des prostitués en toute discrétion pour soulager leur libido. Ils étaient son gagne-pain, mais ils le dégoutaient.
Le silence qui régnait dans le véhicule ne le rassurait pas. Pour se redonner de la contenance, il préféra parler et entrer dans le vif du sujet.
- Il voudrait pas que je fasse un bec à Raoul tant qu’y a pas foule ?
Joignant le geste à la parole, il se pencha vers son voisin, portant sa bouche vers son sexe et entreprit de lui déboutonner la braguette.
La peur commençait à gagner tous les pores de sa peau, et il ne souhait qu’une chose : en finir au plus vite. Il avait le savoir-faire, et à moins de tomber sur un mou de la tige, la fellation qu’il s’apprêtait à lui prodiguer durerait moins de deux minutes.
Il ressentit une douleur dans la nuque qui le fit se redresser. Il porta la main à l’endroit où l’étrange automobiliste venait de lui planter une seringue. Un voile recouvrit son champ de vision puis il fut pris de vertiges. Il essaya de lutter contre la somnolence qui le gagnait, jouant de haussements de paupières pour tenter de garder les yeux ouverts. Le combat était vain. Ce fut Morphée qui eut le dernier mot.
Quand il reprit connaissance, son premier réflexe fut de vouloir se frotter les paupières mais ses poignets rencontrèrent une résistance. Il voulut pencher la tête pour voir ce qui entravait ses mouvements. Elle resta immobile. Une sangle la maintenait fixée à la table sur laquelle il était allongé. Il se trouvait dans une salle blanche, carrelée du sol au plafond et dotée d’un éclairage succinct. Son esprit encore embrumé avait du mal à faire le point sur ce qu’il s’était passé.
La camionnette… ce type bizarre… la piqure dans la nuque… le néant.
Avait-il affaire à un pervers du genre dominateur et adepte du sadomasochisme ?
En d’autres circonstances, il ne se serait pas offusqué ni inquiété outre mesure. Il n’était pas contre l’ajout d’un peu de piment dans ses joutes sexuelles. Seulement il n’aimait pas qu’on lui force la main et que les choses se passent sans son consentement.
De plus, il ne supportait pas de ne pas être, contrairement aux habitudes, le marionnettiste de ces jeux.
Jusqu’à ce jour, il avait toujours été le Vatel de la luxure, le maître des plaisirs. Se retrouver le pantin d’un inconnu lui était insupportable. Et il allait le faire comprendre à son hôte.
Tant bien que mal, il essayait de se persuader qu’il ne pouvait s’agir que d’une banale déviance lubrique d’un client.
La bouche pâteuse, il appela son kidnappeur de longues minutes, pour tenter de reprendre la situation à son avantage et se sortir de cette position de « dominé ».
- Alors chéri ? Tu viens ? Je vais te donner ce que tu as jamais eu.
Le silence était la seule réponse à toutes ses tentatives.
Fatigué de s’époumoner en vain, il se tut, la fatigue commençant à gagner son organisme.
Il commençait à plonger dans le monde des songes quand le bruit sourd d’une porte retentit dans la pièce.
En quelques dixièmes de secondes, tout son corps se mit en alerte.
Tel qu’il était placé, il ne pouvait rien voir.
La lumière se fit plus vive, l’obligeant à plisser les paupières pour se protéger les yeux de l’éblouissement soudain.
Bien qu’aucune parole ne vînt briser le calme apparent, il sentit que l’autre était là, tout prêt.
- Allez, ça suffit. Qu’est-ce que tu me veux mec ? Viens-en aux faits qu’on en finisse.
L’oreille aux aguets, il attendait que son geôlier se mette à parler.
Il voulait savoir ce qu’il avait en tête. Il voulait être fixé.
Une voix d’outre-tombe résonna dans la salle.
- Accusé, levez-vous !
Il sentit une vibration le traverser, puis la table sur laquelle il était allongé se mit à pivoter lentement.
Quelques secondes plus tard, il était à la verticale, face à lui.
Debout, devant la porte, l’homme le fixait intensément.
Vêtu d’un long pagne en coton blanc et d’une coiffe de la même étoffe, il manipulait une sorte de couteau avec dextérité.
- Accusé, vous êtes jugé coupable de perversion sexuelle sur mineur, d’atteinte à la pudeur, et d’être un sodomite invétéré. Avez-vous quelque chose à déclarer pour votre défense ?
- Non mais c’est quoi ce délire ? Tu délires mec. Détache-moi maintenant. C’est pas drôle ton jeu.
La sueur commençait à perler sur son front. Une douleur aigüe lui tenaillait le ventre. La peur s’immisçait en lui, pénétrant chaque pore de sa peau.
L’être devant lui n’était pas un pervers, mais un malade mental.
- Accusé, je réitère ma question : Avez-vous quelque chose à déclarer pour votre défense ?
Tout en s’adressant à son prisonnier, il s’avança vers lui.
Attaché à la table en inox, le captif s’agitait, essayant de se soustraire à ses liens. Il était désormais gagné par la panique et ses yeux cherchaient désespérément une issue, un moyen d’échapper à ce mauvais sort.
- Puisque vous n’avez pas d’éléments à apporter pour votre défense, je vous condamne à mort en vertu de l’article 200 des lois de justice qu’Hammourabi, le roi sage, a établies.
Puis, s’approchant du condamné, il tendit une coupe vers ses lèvres et lui ordonna :
- Buvez !
Alors qu’il s’efforçait de maintenir la bouche fermée pour ne pas avoir à avaler la mixture qui lui était présenté, le juge pointa la pointe de sa dague sur sa gorge.
- Ouvre la bouche et bois ! A moins que tu préfères que je te fasse une trachéotomie avec ça et que je t’ingurgite le contenu du verre par le joli petit trou que je t’aurais creusé.
Il était passé au tutoiement. Devant les menaces qui lui étaient proférées, il s’exécuta, buvant le liquide avec réticence.
Après la dernière gorgée, son regard plongea dans celui de son tortionnaire. Quand il vit l’éclair de folie qui y brillait, il comprit qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre. Il eut le sentiment d’avoir été aspiré de l’intérieur. Tout son être, toute son âme venaient de s’emplir de vide. Les minutes s’égrainaient dans un silence de cathédrale que seules parvinrent à troubler les respirations soutenues des deux antagonistes.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait boire ? C’est un poison ? gémit le captif au bout d’un long moment, lorsque ses muscles commençaient à s’engourdir.
- Oh non ! Ce serait une mort trop facile. Trop douce. Il faut que tu ressentes la souffrance, comme ont pu la ressentir tes nombreuses victimes. Est-ce que la nuit tu fais des cauchemars ? Revois-tu ces enfants innocents qui criaient de douleur quand tu les violais, quand tu les pénétrais de force avec ça ?
Dans sa main gantée, il tenait délicatement le sexe de son prisonnier qui commençait à durcir sous les infimes caresses qui lui étaient prodiguées.
- Je ne sais pas de quoi vous parler, je ne comprends pas, geignit-il.
- Et là, tu vois à quoi je fais allusion ?
D’un geste vif, il lui trancha le membre et les testicules avec la dague qu’il tenait dans l’autre main. Un geyser de sang du à l’érection naissante l’atteignit au visage. Il se passa les doigts sur le front, recueillant quelques gouttes d’hémoglobine puis les lécha.
Sur sa table de torture, il n’avait éprouvé aucune réelle douleur. Il sentait juste un liquide chaud qui lui coulait le long des jambes. C’est quand il vit ses attributs sanguinolents dans les paluches de l’autre qu’il réalisa. Le cri d’effroi qui jaillit du plus profond de ses entrailles se répercuta en écho sur les murs carrelés.
- Quel dommage que personne ne puisse entendre ta douce mélopée Il castrato. D’ailleurs, à partir de maintenant je vais t’appeler Farinelli.
Il se mit alors à chantonner, façon Soprano, un aria d’Orlando, célèbre opéra composé par Nicola Porpora au XVIIIème siècle dans lequel Farinelli fit ses débuts, puis il se mit à virevolter dans la pièce, tête en arrière, bouche ouverte sur des dents maculées de sang. Les bras écartés mettaient en valeur la lame castratrice tenue dans une main, le sexe amputé dans l’autre.
Le supplicié n’en pouvait plus. Terrassé par la peur et la panique, il s’était déféqué dessus.
Lorsque l’odeur pestilentielle atteignit les narines de l’émasculeur, le visage de celui-ci s’assombrit.
- Il est un peu tard pour se chier dessus Farinelli. Il fallait y penser avant. Mais ne t’inquiète pas, je vais te nettoyer, de la tête aux pieds. En profondeur.
La façon qu’il avait eu d’insister sur le mot nettoyer déclencha chez le néo-châtré une pluie de larmes. Des larmes de résignation.
D’une trousse à outils il extirpa un appareil métallique, comme on pouvait en trouver dans certaines boutiques spécialisées dans le sadomaso.
- Ouvre la bouche!
N’ayant plus la force de lutter, totalement anéanti, il obéit. Son corps et son esprit s’étaient désynchronisés. Son cerveau était plongé dans un brouillard impénétrable. Ses membres, ses organes ne lui répondaient plus. Il ne les ressentait plus.
Quelques secondes plus tard, l’engin de torture était installé, lui maintenant la bouche ouverte. Il avait les yeux si embués qu’il ne vit pas la pince s’approcher.
Il ressentit une traction sur l’incisive du haut, puis il entendit un craquement d’os suivi d'une vibration dans son crâne. Un goût de sang dans la gorge. Au bout de la pince, une dent.
Tout comme pour la mutilation de ses organes génitaux, il n’y avait eu aucune douleur physique. En revanche, moralement il morflait. Il assistait impuissant à son exécution. Une séance de boucherie dont il était l’acteur malgré lui. Tout ce qu’il souhaitait, c’était que cela finisse. Vite.
Il ouvrait les bras à la mort. Il attendait qu’elle vienne le chercher.
Malheureusement pour lui, son bourreau avait d’autres intentions. Une à une, il lui arrachait les dents, tirant comme un forcené sur le manche de la pince pour déraciner violemment les récalcitrantes.
Il admira le travail accomplit. L'amas de caillots d'hémoglobine qui emplissait la bouche de sa victime attisait son excitation.
- Maintenant, passons aux choses sérieuses !
Il prit dans sa mallette un objet qui ressemblait à une cuillère à pamplemousse. Arrondie d'un côté, dentelée de l'autre.
Tout en chantonnant un air de Dany Brillant, quand je vois tes yeux je suis amoureux, il inséra l'instrument dans l'œil droit, et d'un mouvement sec du poignet, l'ôta de son orbite.
Le globe oculaire pendait sur la joue du supplicié sur laquelle un filet de sang ruisselait. Il sectionna le nerf optique d'un coup de ciseau, et récupéra l'œil dans sa main. Il le tint entre deux doigts et le présenta face iris à son propriétaire.
- Tu t’es vu quand t’as bu ? dit-il d'une voix caverneuse digne des spots publicitaires à caractères informatifs.
Puis il éclata de rire, heureux de son trait d'humour.
Il posa l’organe dans la coupelle métallique et s'attaqua à l'œil gauche auquel il réserva le même sort.
- Tu connais George Herbert ? C’est un de tes compatriotes. Un écrivain ayant vécu au XVIIème siècle et qui disait Un regard est dans tout pays un langage. Sais-tu combien d’enfants tu as plongé dans un mutisme irréversible suite à tes agissements pervers à leurs égards ? Combien d’entre eux ne parlent plus par ta faute ? Puisqu’il a été dit Ton œil sera sans pitié : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, moi, exécuteur du code d’Hammourabi, je te condamne par première décision au silence à perpétuité.
Il récupéra dans son attirail une aiguille à brider en acier inoxydable de vingt centimètres dans laquelle il enfila de la ficelle à rôti.
Méticuleusement, il fit le décompte des dents arrachées et en fit deux tas égaux. Il prit le premier tas qu'il déposa dans une des orbites éviscérées puis avec l'aiguille, il exécuta un point de couture pour clore définitivement les paupières de sa victime du jour.
L'anesthésiant qui circulait dans les veines du malheureux commençait à perdre ses effets. Lorsque la longue tige métallique transperça l'épiderme sous son œil, il ne put réfréner un cri qui déchira le silence macabre qui planait jusqu'alors. La douleur lui traversait le corps. Elle lui retournait l'estomac, lui donnant envie de rendre tout ce qu'il pouvait contenir.
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